Depuis plusieurs siècles, la canne à sucre a bouleversé
l'alimentation, l'économie et même la culture de bien des
peuples autour du globe.

L'histoire de la canne à sucre
La canne à sucre
a grandement façonné le visage de l'ile maurice ainsi que
les autres iles des Caraïbes. C'est l'investissement
croissant des colons blancs dans l'industrie sucrière à
grande échelle, qui est seule à l'origine de la déportation
de millions d'Africains dans le Nouveau Monde pour servir de
main-d'œuvre à bon marché, n'impliquant aucune obligation et
surtout suffisamment abondante pour répondre aux besoins du
sucre.
C'est également l'industrie sucrière qui justifie plus tard,
à l'abolitions de l'esclavage à l'ile maurice
l'immigration de milliers d'indiens et achève de marquer à
long terme la nature et l'organisation de toute la société
mauricienne.
Si la canne à sucre n'a plus l'importance qu'elle a pu avoir
autrefois à l'ile maurice et dans nombre d'îles de la
Caraïbe, la culture de la canne joue, encore aujourd'hui, un
rôle économique majeur. Selon l'Organisation des Nations
Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 1,274 milliard
de tonnes de canne ont été produites en 1999. Cultivée sur
19,6 millions d'hectares, la canne à sucre est la plus
importante production agricole de la planète. 70 % de la
superficie de l'ile maurice est recouverte de canne à sucre
La canne à sucre recèle bien des ressources. A travers son
évolution naturelle et les manipulations de l'homme, elle
est devenue une plante un peu à part. Aucun autre organisme
vivant ne montre des capacités aussi grandes pour
synthétiser et emmagasiner du sucre dans ses cellules.
Différents procédés ont été développés pour extraire ce
sucre ou le transformer en alcool. Aujourd'hui, on lui
découvre de nouveaux atouts et les dérivés de la canne
entrent dans la fabrication d'un nombre toujours croissant
de produits.
La culture de la canne
Tiges de cannes
à différents stades de croissance (graphique :
Fahrasmane-Ganou-Parfait/INRA)
Frileuse de nature, la canne se plaît uniquement dans les
régions tropicales et subtropicales. Elle est parfaitement
adaptée aux conditions d'ensoleillement et de température
intenses. Elle pousse pratiquement dans tous les sols,
qu'ils soient très argileux ou sablonneux. Elle préfère
cependant un sol assez aéré et bien irrigué. Pour obtenir de
bons résultats, la canne doit recevoir de 2000 à 3000
millimètres de pluie durant sa croissance.
Les plants de canne sont généralement propagés par boutures.
Les boutures sont enterrées et les bourgeons dormants («
yeux ») peuvent alors se développer et donner naissance à
des tiges primaires. A maturité, une touffe de canne peut
comporter de 10 à 15 tiges.
Généralement, les plants de canne occupent la même parcelle
durant plusieurs années consécutives. Lors de la récolte,
une partie de la tige est laissée en place pour une nouvelle
pousse. Cependant, cette pratique voit habituellement le
rendement diminuer après chaque cycle. Après trois récoltes
successives à partir de la même plantation, le champ doit
généralement être replanté avec de nouvelles boutures.
La période de maturation varie selon le climat et la région.
Elle est de 8 à 9 mois en Louisiane et peut s'étirer de 18 à
22 mois à Hawaii et en Afrique du Sud. La récolte est une
étape cruciale et demande une grande organisation
logistique. Elle se fait au moment où la canne présente la
plus grande richesse en sucre. La coupe se fait encore
beaucoup à la main, une activité particulièrement pénible,
mais la coupe à la machine se généralise. Pour faciliter la
coupe, on brûle parfois les feuilles sèches au préalable.
Cependant, le brûlage diminue la teneur en sucre de la
canne.
Après la coupe, la canne doit être broyée dans les plus
brefs délais, car le contenu en sucre diminue rapidement. Si
la canne est « brûlée », le délai entre la coupe et le
broyage ne doit pas dépasser 24 heures. Pour la canne coupée
« en paille », le délai peut s'étendre à 48 heures au
maximum.
En culture industrielle, le rendement moyen varie entre 60
et 100 tonnes/hectare, selon qu'il s'agisse d'une culture
irriguée ou non. Une fois la canne traitée, le rendement en
sucre pourra atteindre 6 à 8 tonnes/hectare pour les
cultures pluviales et 8 à 11 tonnes/hectare en culture
irriguée.